Le Départ Routier

Le Départ Routier

Ils sont partis avec dans le cœur une des plus belles paroles qui soient : « la grandeur de l’homme est la fidélité ». Ils ont 20 ans, ils ont 80 ans. Un soir, ils ont décidé que si le monde n’était pas à leurs pieds, il ne les engloutirait pas non plus. Ils ont situé leur place dans ce monde, une place unique, sous le regard de Dieu. La Route du scoutisme a été le premier balbutiement de leur Route d’homme qu’ils ont suivie et suivent toujours.

Et toi ? Tu n’es pas prêt, me diras-tu. On n’est jamais prêt. Il faut en prendre son parti, de ne pas être prêt. Et c’est justement accepter sa faiblesse, son incompétence, qu’être prêt. Savoir ou pressentir ce que l’on est aujourd’hui et tout de suite. Et agir en conséquence.

1 – Quel engagement ?

C’est l’engagement qui accomplit ta démarche de progression scoute en choisissant de vivre concrètement l’idéal de la route. Ce n’est pas une arrivée mais, comme son nom l’indique, un départ pour la vie.

  • Il t’invite à prendre conscience que ta liberté se fonde sur des actes qui engagent ta volonté et que la grandeur de l’homme est la fidélité de tes actes à tes paroles.
  • Il n’est pas le brevet de l’homme accompli, ni même le choix d’une vocation. Il est l’adhésion à une manière de vivre en homme et en chrétien qui oriente chaque décision quotidienne.

Le Départ tient compte de toutes les dimensions de la personne, de son besoin d’amour et d’équilibre, de son désir de se donner aux autres. Il prend en compte les faiblesses de l’homme mais surtout le regard bienveillant que le Christ porte sur lui.

Prendre son Départ est la perspective de tout routier. C’est la tienne aujourd’hui.

2 – Quand le prendre ?

  • Le Départ Routier est une affaire de jeunes, c’est-à-dire de gens qui ont encore de grands choix à faire pour leur vie : vocation, métier, etc.
  • Le Départ, c’est couper des ponts. A vingt ans, on en coupe beaucoup : on quitte plus ou moins volontairement ses parents, on choisit plus ou moins ses études, on est déjà engagé de gré ou de force dans la vie professionnelle. Alors « prendre son Départ » c’est marquer une vraie liberté.
  • Le Départ à vingt ans, c’est un témoignage extraordinaire pour les autres :
    • Vis-à-vis des routiers qui te sont proches, l’idée du Départ ne viendra ni de façon abstraite, ni parce que la méthode le prescrit. Le Départ  Routier se diffuse par contagion.
    • Vis-à-vis de ceux que tu côtoies dans tes études, parmi tes amis, le Départ Routier est l’une des réponses à l’exhortation lancée par Jean-Paul II à la jeunesse du monde : « Soyez prêts à témoigner de l’espérance qui est en vous devant ceux qui vous en demanderont raison ».
  • Le Départ ne te demande pas si tu es capable de vivre une discipline de vie mais si tu as compris et intégré qu’il t’est nécessaire d’en avoir une. Le départ est un idéal que tu veux atteindre et pour lequel tu souhaites mettre en place des moyens appropriés : il doit donc se prendre jeune.

N’attends pas.

3 – Quels moyens ?

  1. Tu choisis  un père spirituel pour te guider sur ta Route.
  2. Tu prends le temps de lire et approfondir le cérémonial du Départ Routier. Les 48 h de la Route sont un temps privilégié pour cela.
  3. Tu choisis la date et le lieu de ton engagement

4 – Le père spirituel

  • Un père spi, c’est quoi ?

Le père spirituel est la personne, avec ton parrain, qui t’aidera à cheminer jusqu’au Départ Routier et même après ! Il s’agit d’un prêtre ou d’une personne formée par l’Eglise à l’accompagnement spirituel (moine/moniale, religieux/religieuse, diacre, laïc) que tu rencontres régulièrement afin de faire le point sur ta vie et t’aider à grandir, en évitant certains écueils et impasses.

Cet accompagnateur spirituel est d’abord témoin de l’action de Dieu en toi, de ce qui apparaît progressivement du travail de l’Esprit Saint dans ta vie. Ensuite, il peut te mettre sur la piste de nombreuses découvertes, en t’aidant à changer de regard sur le monde, c’est à dire à te convertir ! Enfin, il te rappelle les dons que tu as reçus et que tu as parfois tendance à oublier.

Tel un phare dans la nuit qui t’éclaire, le père spirituel te guide, te réconforte et te mène vers la terre ferme.

  • Comment le choisir ?

Ton père spirituel peut être l’aumônier de ton groupe scout, le curé de ta paroisse ou une personne missionnée pour. En aucun cas, il n’y a obligation qu’il soit un ancien scout. Il doit être suffisamment disponible afin que tu puisses le rencontrer régulièrement dans le but de faire le point sur ton cheminement.

Pour choisir ton accompagnateur, il faut le lui demander un jour ! Chacun à sa manière : de vive voix, par téléphone, par lettre… il faut parler et  « demander ». La personne choisie doit le savoir aussi pour que tu puisses compter sur elle pour cette mission. Il s’agit alors d’exprimer ton désir et de tomber d’accord si possible sur un rythme de rencontre.

Tu ne trouveras jamais un père spirituel « parfait ». Ils auront tous des défauts, parfois fort visibles.

L’essentiel, c’est qu’il soit à l’écoute et qu’il te mène au Christ ! Si, malgré tes recherches, tu ne parviens pas à trouver tout de suite, il ne faut pas te décourager. Prends patience. Il vaut mieux continuer à marcher lentement sur la route et avec les références données dans l’Église. En bref, marche vers Dieu avec confiance et prie pour qu’une telle personne se mette à tes côtés un jour. N’hésite pas aussi à demander conseil à ton chef Clan ou à ton aumônier.

  • Comment l’utiliser ?

Rencontre ton père spirituel à intervalles réguliers (au moins 3 fois par an) pour que vous puissiez discuter de ta progression personnelle, tes accomplissements, tes difficultés, tes questionnements, etc. Il te guidera dans tes choix, mais ne les fera pas à ta place. Si tu préfères te fier à toi-même, libre à toi ! Lui sera à nouveau là quand dans les brouillards de ta vie tu voudras revoir une lumière pour t’aider. Mais ne te fais pas d’illusions : la lumière du phare peut être dure à supporter, et tu voudras parfois fermer les yeux, où même t‘éloigner…Ton père spirituel n’est pas là pour te conforter dans tes illusions ou tes faiblesses, il est là pour te parler en vérité et te guider vers celui que tu dois trouver au plus profond de toi, ce phare qui jamais ne s’éteint, ce phare qui te montre qu’Il est Le Chemin, La Vérité et La Vie.

  • Quels sont les impératifs ?

Tu dois avoir choisi un père spirituel avant de prendre ton Départ Routier. Ce n’est pas nécessairement lui qui bénira ton engagement lors du cérémonial, mais tu dois avoir pris le temps de discuter avec lui de ce que représente cet engagement pour toi et t’être mis d’accord avec lui sur un rythme de rencontre.

5 – Les 48 h de la Route

Pourquoi ?
  • Pour prendre le temps de préparer ton Départ Routier.
  • Pour vivre 48 h de Route avec le Christ comme compagnon que tu rencontreras dans ceux qu’il te sera donné de croiser sur ton chemin.
  • Pour relire tout ce que tu as vécu depuis ton compagnonnage à la lumière du cérémonial du Départ Routier.

Dessinant l’idéal du scoutisme, idéal de sainteté, il arrive qu’en lisant ce cérémonial on puisse être pris de vertige et qu’on se dise alors, je n’ai pas le « niveau », « trop haut pour moi ». A travers ce que tu vivras durant ce week-end, le but est que tu te rendes plus proche de ce texte, que tu l’« apprivoises ». Ainsi tu pourras découvrir que ce qui y est dit, tu le vis déjà, tu l’as déjà expérimenté dans ta vie, dans ton Clan, à travers ton compagnonnage. Certes pas parfaitement, certes tu fais encore des erreurs, mais c’est précisément pour cela que Dieu t’appelle à t’abandonner dans l’engagement : « Connaissant ma faiblesse, je demande à Dieu sa grâce et m’engage à vivre en Routier ».

Au fil de ta méditation, cette question surgira : « est-ce que je veux tendre toute ma vie vers cet idéal du scoutisme ? L’ai-je compris ? » Ce désir, présent au plus profond de toi, le Départ Routier en est l’expression. A toi de le découvrir. Et c’est l’objectif de ce week-end.

Les 48 h : un week-end qui te ressemble

C’est un week-end que tu prépares seul. C’est donc toi qui vas créer ton aventure, celle dont tu as toujours rêvé. Elle doit surgir de ton imagination et de ta réflexion. Elle doit être créée par toi et pour toi. Le programme que tu te confectionneras dépendra de ton «style», de ce que tu désireras vivre. Tu l’auras compris, ce week-end est le tien, à toi d’y imprimer ta marque!

Sa durée est de 48 h ! Tu auras ainsi le temps nécessaire pour vivre une véritable aventure et une vraie rencontre, une triple rencontre : avec toi, avec ton prochain et avec Dieu. Ces rencontres viendront éclairer ta méditation sur le Départ Routier.

Petits conseils pour un grand départ

La cérémonie du Départ doit être sobre et belle. Pas pauvre. Ni grandiloquente. La cérémonie du Départ est à la fois un geste (le Routier part) et un discours (il dit qu’il part). Que l’un n’occulte pas l’autre !

La cérémonie du Départ doit être préparée avec soin. L’improvisation ne marche pas. Maintenant, quelques conseils.

1 – Choisir avec soin le site et le choisir beau.

2 – Le Départ Routier se prend en Clan, mais on peut inviter la maîtrise de groupe, la famille, et même des amis selon le témoignage que l’on veut apporter.

3 – Savoir qui fait quoi et pourquoi (parrain, chef de Clan, etc.).

  • C’est le chef de Clan qui reçoit le Départ. S’il n’a pas pris son Départ, on veillera à choisir quelqu’un qui l’a pris. On préparera torches et objets symboliques. Assez de : « Le pain, qui a le pain ? L’Évangile ? » au milieu des Départs !

4 – « L’appel de  la Route » est un chant difficile : le répéter en Clan.

5 – Avant, une messe, une veillée sont une bonne idée pour éviter des discours oiseux au moment même de la cérémonie.

D’expérience, la meilleure manière de donner un contenu personnel à ton Départ Routier est d’organiser une veillée de Départ avant le cérémonial lui-même.

Là, sans être long, tu peux expliquer les raisons qui t’ont poussé à prendre cet engagement et la façon dont tu comptes le vivre. La richesse supplémentaire sera la qualité des échanges au sein du Clan, si tel ou tel Routier réagit à ce qu’il aura entendu. Mais surtout, tu auras commencé à « rayonner la paix et la joie ».

Quoi qu’il en soit, si le cérémonial du Départ, lui, est immuable, tu peux personnaliser ta démarche en le plaçant à la suite d’un témoignage, de la lecture d’une lettre ou d’un temps de partage. Il peut aussi être précédé d’une messe.

6 – La cérémonie du Départ est un rassemblement en carré au « prêt ». Si les Routiers n’en ont pas fait depuis longtemps, on répète à l’avance. (Au cas où un [petit] discours est prévu au début, on peut mettre au repos le temps du discours). C’est le chef de Clan qui rassemble et qui rompt. L’aumônier est à sa droite. Si le chef de groupe est présent, il est à gauche du chef de Clan. On essaye autant que possible d’adapter la disposition aux invités : par exemple, le Clan de  part et d’autre du chef de Clan, les scouts et les invités à droite et à gauche, les autres invités, amis, parents, en face. On peut être inventif à ce sujet,  pourvu que cela  reste sobre et beau.

7 – Le Routier s’avance à l’appel de son nom à trois pas du chef de Clan. Puis, au moment de recevoir les objets, il s’avance à un pas et tient son sac prêt. Il part réellement après la bénédiction. Le fond du rassemblement s’ouvre, formant ainsi une allée au milieu de laquelle le nouveau Routier Scout prend la route. Il est nécessaire de le rappeler en début de rassemblement pour éviter tout cafouillage.

8 – Après la cérémonie, fin du rassemblement et dispersion calme et silencieuse des invités. C’est une fête, pas un carnaval.

9 – Un raid d’une nuit suit le Départ. C’est un beau symbole et aussi un souvenir marquant. Les invités, s’ils le veulent, pourront se retrouver ailleurs.
10 – Il ne faut pas pécher par excès de sérieux. Le rire fait partie de la vie. D’ailleurs, il y a toujours un petit cafouillage dans cette cérémonie longue et un peu complexe. L’important est qu’elle soit sincère, chaleureuse, dense et vraie !

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